Discover the Undiscovered II: La conférence sur les peuples autochtones

Le 18 septembre, la Fondation Follereau Luxembourg (FFL) organisait à l’Abbaye Neumünster « Discover the Undiscovered », une conférence multimédia au sujet des peuples indigènes. Cette année, le thème était les pygmées de la forêt équatoriale.

A l’heure actuelle, on dénombre dans le monde plus de 370 millions d’autochtones répartis dans quelques 70 pays. Souvent victimes de discrimination, les peuples indigènes sont non seulement expulsés de leurs terres ancestrales, mais également privés de ressources indispensables à leur survie. Ils n’ont, la plupart du temps, peu ou pas accès à l’éducation et aux soins de santé. Parmi eux, les pygmées de la forêt équatoriale sont, comme beaucoup, démunis et marginalisés. Victime d’esclavage, privé de ses terres et exclu des pouvoirs politique et économique, ce peuple livre un véritable combat au quotidien pour faire valoir ses droits.

Hélène Aye Mondo, représentante du peuple Baaka au Cameroun, est claire sur ce point : «Nous avons besoin de soutien de la part de la communauté internationale pour faire face aux nombreux combats quotidiens que nous devons mener. La protection des droits des communautés autochtones est une priorité.»

Madame Hélène Aye Mondo durant sa présentation

Lors de la conférence, le sujet a été introduit par la projection d’un documentaire sur les Baaka. Ainsi l’audience a pu, dans un premier temps, découvrir la vie quotidienne et les pratiques culturelles du peuple Baaka. Deux intervenants ont ensuite livré un aperçu personnel de la situation actuelle des pygmées de la forêt équatoriale. Madame Hélène Aye Mondo, présentée ci-dessus, et Monsieur Jean-Pierre Ntozo, ethnologue en République Centrafricaine, avaient fait le déplacement tout spécialement pour l’événement.

 «Avec la colonisation, l’équilibre qui régnait entre les différents peuples a été rompu. La relation d’amitié entre les Bantous (agriculteurs-sédentaires) et Aka (chasseurs-cueilleurs-nomades pygmées), s’est transformée en relation d’esclavage. Les Aka, qui avaient la connaissance de la forêt, sont devenus la main d’œuvre des Bantous. Aujourd’hui encore, cette relation persiste, et le peuple Aka reste coincé dans cette situation. La priorité est de leur permettre un accès aux soins, et de reconnaître leurs terres, afin de rendre possible l’autonomie alimentaire» explique Jean-Pierre Ntozo.

Monsieur Jean-Pierre Ntozo expliquant la situation des Aka

Dans sa lutte contre toute forme d’exclusion, la FFL soutient l’ONG suisse FAIRMED dans ses projets de santé en République Centrafricaine. Financé par la FFL, le projet est réalisé sur place par des membres de la population locale, dont Jean-Pierre Ntozo. Ensemble, ils tentent d’améliorer l’accès aux soins de santé du peuple Aka, par différentes voies : Construction et équipement de centres de santé dans les régions défavorisées, amélioration de la gestion sanitaire du district, recrutement et formation d’équipes de soins itinérantes qui peuvent atteindre les Aka, et enfin, aide et soutien à l’hôpital de référence à Mbaïki.

Dans le cadre de cette conférence, la FFL a tenté de permettre au public luxembourgeois de voyager au travers de ce peuple fascinant, mais également de découvrir les enjeux et défis auxquels il est confronté.

Vous aussi vous souhaitez aider ce peuple et lutter contre la discrimination à laquelle il est confronté ? Vous pouvez nous soutenir en contribuant au projet par un don sur le compte courant de la Fondation Follereau Luxembourg CCPL IBAN LU15 1111 0000 7878 0000 avec l’indication: « Soutien aux Pygmées Aka en RCA ».