
par C. Jans
Le cœur un peu lourd d’avoir laissé ma famille et mes amis et un peu nerveuse à l’idée du voyage qui m’attend, je me dirige avec M. Kieffer vers la salle d’embarquement…dans quelques heures, ça y est, je serai au Mali, respectivement à Bamako. Après un vol d’une heure, nous atterrissons à Paris pour y prendre un nouveau vol pour Bamako. Les dernières semaines, je dois bien avouer que j’étais un peu tracassée et que je me suis posée mille et une questions : « est-ce que j’ai fait le bon choix, était-ce une bonne idée, vais-je bien m’en sortir, ma famille ne va-t-elle pas trop me manquer, où vais-je loger, vais-je m’acclimater facilement à la chaleur, est-ce que je vais pouvoir aider efficacement ces gens, vont-ils m’accepter au sein des leurs, quelles seront mes tâches à l’hôpital…etc » mais pendant ce vol de 6 heures, je ne me tracasse plus, je suis sereine et prête à relever le défi et à m’investir pleinement dans cette nouvelle expérience. A l’atterrissage, l’excitation me reprend : j’ai hâte de faire connaissance avec le Mali et ses habitants. Dès ma descente de l’avion, j’aperçois M. Niang, le Directeur de la Fondation pour l’Enfance (FPE) qui m’attend avec mon nom sur une grande pancarte et qui nous accueille chaleureusement, Monsieur Kieffer et moi. Il est 21h et il fait encore 29°C, je ne suis pas habituée à cette chaleur et à cette humidité. M. Kieffer, quant à lui, n’est pas impressionné du tout mais il a l’habitude : il ne compte d’ailleurs plus ses nombreux voyages au Mali !
Après une longue attente pour récupérer nos bagages, un chauffeur vient nous chercher : l’aventure peut commencer ! Le paysage défile sous mes yeux et bien qu’il soit déjà tard, j’aperçois les gens assis devant leurs huttes aux toits en tôle gondolé qui mangent et discutent ensemble. Hormis quelques routes principales goudronnées, la majorité des rues sont en terre avec énormément de nids de poule : c’est exactement comme je me l’étais imaginée mais j’ai toutefois encore un peu de mal à réaliser que je suis arrivée.

Au petit matin, je constate que ma chambre me semble déjà moins étrangère. Même si je n’ai que de l’eau froide pour me doucher et que, pour le moment, je dois rincer la cuvette des toilettes avec l’eau d’un seau, je possède tout le nécessaire pour vivre correctement. Dans les prochains jours, je vais recevoir une armoire, un frigo et une cuisinière.
Mon chauffeur, très ponctuel, vient me chercher à 08h30. Le trajet de mon habitation jusqu’au Centre Hospitalier Mère- Enfant (CHME) est très agréable et excitant : les maliens sont assis devant leurs huttes, ils font du feu et cuisinent. Certains transportent diverses marchandises sur leur tête et partout s’installent des petites échoppes riches en couleur. Le long de la route, des petites filles me font signe de la main, lorsque nous nous arrêtons, elles me donnent la main et puis rigolent.
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Ensuite nous nous dirigeons au CHME où je suis très bien accueillie, on me fait visiter toute la clinique et on me présente le personnel. C’est très impressionnant pour moi : tous ces visages, tous ces prénoms à retenir et surtout toutes ces voix qui me demandent si je vais bien et qui me souhaitent la bienvenue.

Je constate également que contrairement au Luxembourg, les infirmières notent peu dans le dossier du patient hospitalisé. J’espère que je pourrais partager mon expérience professionnelle avec elles et éventuellement leur faire comprendre la nécessité de consigner toutes les informations relatives à l’état de santé du malade dans un dossier.
Autre différence impressionnante avec mon expérience luxembourgeoise, le temps s’écoule lentement et paisiblement : alors que je suis habituée à travailler selon un rythme très soutenu, ici au Mali, les gens sont très décontractés et montrent peu de signes de stress. Tout le monde reste serein et de bonne humeur. Les couloirs et les chambres sont très calmes, mêmes les petits enfants hospitalisés demeurent silencieux, on ne les entend même pas pleurer.
Je me rends compte que j’ai beaucoup à apprendre de ces gens et de leur façon de vivre : les prochains mois seront riches en échanges, j’en suis convaincue.
Catherine





