juste avant la césarienne...
Ce 14 septembre, j’ai eu la chance de pouvoir assister à une césarienne dans une des deux salles d’opération du CHME. C’était une très belle expérience. Il s’agissait d’une césarienne programmée chez une patiente qui mettait son deuxième bébé au monde, le premier étant né également par césarienne.
Le matin même, la maman, toute souriante, est arrivée avec son mari qui portait la précieuse boite contenant tous les médicaments nécessaires à la réalisation de l'opération ainsi que ceux pour après l'intervention.
La maman arrive avec  son mari qui porte la boite avec tous les médicaments nécessaires pour l'intervention et pour après.
En salle d’opération la maman a reçu une anesthésie sous rachi, son ventre a été méticuleusement désinfecté, le matériel stérile installé et puis la césarienne a débuté. Rapidement après la première incision effectuée par la gynécologue, un petit garçon est venu au monde et a poussé ses premiers cris vers 09h00 du matin. L’opération s’est très bien déroulée, la sage-femme s’est ensuite occupée du nouveau-né tandis que la gynécologue prodiguait des soins à la maman.

premiers cris !
La gynécologue m’explique qu’aujourd’hui à Bamako, suite aux différentes campagnes de sensibilisation, les maliennes préfèrent accoucher en milieu hospitalier. Les futures mamans se rendent également à des consultations prénatales et se font suivre pendant la grossesse. Elles bénéficient alors de vaccins et de traitements adéquats (malaria-prophylaxie par ex.).
Mais j’ai aussi connaissance du rapport 2008 de l’Unicef qui stipule que seulement 41% des femmes au Mali accouchent en présence de personnel soignant qualifié et juste 38% en milieu hospitalier. A Bamako, ces chiffres semblent toutefois plus élevés. En 2008, 225 femmes ont accouché au CHME dont 23 césariennes.

Le lendemain de la naissance, j’ai rendu visite à la maman et à son bébé. Dans la chambre régnait une chouette ambiance car il y avait beaucoup de monde : la grand-mère du nouveau-né, 2 cousines de la maman et leurs enfants et bien sûr le papa. Pendant que la grand-mère berçait son petit-fils, la maman souriait assise sur une chaise : « aujourd’hui me dit-elle, je me sens bien mieux car hier ce n’était pas la forme ». J’étais assez étonnée de constater la vitesse à laquelle elle semblait avoir récupéré de la césarienne car au Luxembourg, les mamans ont besoin de quelques jours pour se remettre de l’épreuve. Ici, la maman m’expliqua qu’on allait lui donner encore quelques médicaments contre la douleur et puis qu’elle pourrait quitter la clinique le 3ème jour après la naissance de son enfant. Les premiers temps, elle irait vivre chez la grand-mère afin de reprendre des forces et de recevoir une aide pendant la journée. Chez elle, elle aurait été toute seule car son mari travaille toute la journée.
visite de la famille dans la chambre d'hôpital
Alors que je demandais le prénom du petit garçon, on m’informa qu’il n’en avait pas ! Le papa m’expliqua que suivant les versets du Coran, on baptisait les enfants le 7ème jour après leur naissance. La famille et les amis, principalement les hommes se rassemblent alors pour accomplir ce rituel. L’Iman baptise alors le bébé du prénom retenu qui lui a été communiqué juste avant le début de la cérémonie par les parents. Ensuite un mouton est égorgé et tout le monde passe à table. Le repas terminé, les hommes vaquent à leurs tâches habituelles tandis que les femmes se rassemblent pour un rituel où se mélangent chants, musiques, remise de cadeaux (argent, bijoux, linges de lits etc).

Assister à une césarienne était très intéressant tout comme la conversation avec les parents du nouveau-né concernant le baptême et l’attribution du prénom. Maintenant je comprends pourquoi il n’y a pas de prénoms indiqués dans les actes de naissance au Mali !

Catherine
avec l'équipe médicale
 

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