Mon premier mois au Mali...
Je suis au Mali depuis un mois maintenant et je peux dire que j’ai vécu beaucoup de choses : des choses formidables et d’autres plus tristes.
A l’hôpital, j’ai travaillé dans différents départements, pris part à plusieurs interventions chirurgicales, assisté à de nombreuses consultations pédiatriques et gynécologiques. J’ai aidé les infirmières à prodiguer les soins aux patients et nous avons beaucoup parlé et échangé nos points de vue sur nos façons de travailler. J’ai aussi beaucoup appris en assistant aux consultations médicales car les médecins maliens m’expliquent en détails les différentes pathologies rencontrées. J’ai appris à reconnaître et à dépister certaines maladies jusqu’ici inconnues pour moi et cela me procure un réel sentiment de satisfaction de me sentir utile. En même temps, je dois aussi avouer que je suis toujours fréquemment choquée de voir des êtres humains parfois si mal en point principalement par manque de moyen financier pour se faire soigner.

La semaine passée, j’ai assisté à la naissance d’un petit prématuré, c’était aussi une belle expérience très enrichissante. En effet, pour moi, infirmière pédiatrique luxembourgeoise, habituée aux dernières nouveautés en matière d’équipements et de technologies médicales, il était presque inconcevable d’envisager la prise en charge d’un prématuré avec aussi peu de matériel et pourtant, ici au Mali, on se débrouille avec ce qu’on a sans jamais se plaindre.
En dehors de l’aspect professionnel, j’ai déjà effectué beaucoup de visites en tout genre, Bamako n’a « presque » plus de secrets pour moi : j’ai fait le tour de ses musées, ses marchés, ses boutiques et même son palais présidentiel. Je me suis rendue plusieurs fois près du fleuve Niger. Accompagnée par le Dr. Bathily du CHME, j’ai découvert un authentique petit village malien tout près de Bamako : les gens y vivent sans électricité, sans eau courante et sans magasins pour s’approvisionner.

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Les Maliens sont vraiment chers à mon cœur : ils sont très ouverts et amicaux. Il m’arrive régulièrement de me faire gentiment aborder dans la rue et de discuter longuement avec eux de leur façon de vivre, de leur culture… etc. Je suis fascinée par leur foi, très forte, en l’Islam. Grâce à leurs explications, je comprends mieux certaines choses, certaines réactions et aussi leur mentalité. Je vois les choses différemment maintenant. En fait, je pense qu’il faut réellement vivre ici pour mieux comprendre les problèmes auxquels sont confrontés quotidiennement les Maliens.
Grâce à leur amitié et à leur prévenance à mon égard, j’ai été invitée à un baptême, à un mariage et à la fête célébrant la fin du Ramadan. A chaque fois, j’ai participé à des fêtes magnifiques faisant la part belle à la musique, au chant, aux danses ! J’admire aussi toutes ses mamans africaines qui portent leurs petits bébés sur le dos dans un pagne coloré, c’est simplement merveilleux de voir comment elles vaquent toute la journée à leurs tâches avec leur enfant accroché dans le dos.




Les Maliennes portent de magnifiques « boubous » colorés et chatoyants, j’ai d’ailleurs eu la chance d’en porter un qu’on m’avait prêté pour assister au mariage. A l’occasion du baptême, je me suis même laissée convaincre pour la réalisation d’un dessin au henné sur mes pieds ! Téméraire, j’ai également testé leur façon de boire dans des petits sachets plastiques au lieu des traditionnelles bouteilles ou canettes. Je dois vous avouer que la première fois, j’ai bien cru que je n’allais pas y arriver et que j’allais répandre mon jus partout mais maintenant j’apprécie vraiment cette manière de boire. Manger avec les mains n’est pas facile non plus et requière une certaine dextérité et habitude : les Maliens forment des petites boulettes de riz avec les doigts qu’ils portent ensuite à leur bouche mais croyez-moi, c’est loin d’être aussi simple que cela en a l’air…mais je ne désespère pas, il me reste encore 3 mois pour me perfectionner !
Catherine