Consultations pédiatriques au CHME...

Ces dernières semaines j’ai pris part à de nombreuses consultations pédiatriques. Au CHME, il y a chaque jour environ 3 heures de consultations pédiatriques dispensées par 4 médecins pédiatres. Et chaque jour, le couloir qui fait office de salle d’attente grouille d’enfants de tout âge et de leurs parents.


Dans les couloirs du CHME...la salle d'attente.
Beaucoup d’enfants qui viennent en consultation, souffrent de problèmes respiratoires ou de gastro-entérites, maux qui peuvent être facilement soignés par la prescription de médicaments appropriés mais ici au Mali, les choses ne sont pas si simples.
Régulièrement je revois certains de ces enfants quelques jours plus tard et je constate que leur santé s’est encore davantage détériorée car ils n’ont pas reçu le traitement prescrit par le pédiatre par manque de moyens financiers ou simplement car les médicaments étaient en rupture de stock à la pharmacie.

Certains parents attendent parfois longtemps avant de se rendre avec leur enfant chez le médecin, souvent par manque d’argent mais aussi par méconnaissance des maladies. J’ai ainsi personnellement rencontré un petit patient qui souffre de crises d’épilepsie depuis 7 ans et qui n’a encore jamais rencontré de médecin de sa vie !

Mes petits patients du CHME souffrent également de diverses pathologies liées à leur condition de naissance (manque d’oxygène par exemple) et de malnutrition. Les pédiatres font tout ce qui est en leur pouvoir pour les aider et les remettre sur pied, malheureusement tous ne survivent pas. En élaborant le dossier des enfants et en parlant avec leur maman, j’ai constaté que les femmes subsahariennes perdaient environ 1 tiers de leurs enfants avant qu’ils n’atteignent l’âge de 5 ans.
Le petit Abdoulaye dont je vous ai parlé dans un reportage précédent, est revenu au CHME car sa plaie consécutive à l’opération s’est infectée et aussi car il souffre de gros problèmes de nutrition liés à son handicap. Le pédiatre ne peut malheureusement pas se prononcer sur ses chances de survie et cela me cause beaucoup d’inquiétudes pour lui et sa famille.


Une maman avec son petit garçon souffrant de malnutrition.

Je vois aussi beaucoup d’enfants attardés mentalement ou physiquement et c’est très difficile de réaliser qu’il n’existe pratiquement pas de structures d’accueil pour ses enfants qui requièrent une prise en charge qualifiée. Leurs parents doivent les prendre en charge et s’occuper d’eux à plein temps, ce qui n’est pas du tout facile dans la vie de tout les jours déjà si compliquée en Afrique.

Enfin, il y a aussi de nombreux bébés qui viennent avec des malformations cardiaques ou bien physiques comme des fentes labiopalatines. Je ne sais pas pourquoi y a autant de cas de ces malformations au Mali mais les médecins m’ont expliqué que cela relevait très probablement d’infections ou de maladies contractées par les mamans au cours de leurs grossesses. Je n’exagère rien non plus lorsque je vous affirme qu’environ 1 enfant sur 3 en consultation souffre d’une hernie ombilicale.


Un nourrisson, avec une fente labiopalatine, qui sera prochainement opéré.

Enfant souffrant d'une ernie ombilicale


Je me sens parfois un peu impuissante et triste devant tous ces enfants si malades mais heureusement il y a aussi des enfants en parfaite santé comme le cas du petit Moussa dont j’avais assisté à la naissance par césarienne (voir article précédant). Sa maman est venue me le montrer il y a quelques jours : il a bien grandi et semble bien vigoureux malgré un petit refroidissement. Voir un enfant en bonne santé et en pleine forme me redonne tout de suite le sourire et l’énergie nécessaire pour continuer mon travail.


Mes retrouvailles avec le petit Moussa.
 

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