Ma petite amie Niakalé...

La petite Niakalé a été hospitalisée le 24 septembre. Sa famille, très pauvre, vient d’un petit village et c’est uniquement grâce au programme de soins gratuits que Niakalé a pu bénéficier d’une opération chirurgicale visant à extraire un gros tératome situé au niveau des vertèbres dans son dos. Je me rappelle très bien du jour de l’opération. Lorsqu’elle m’a vue, Niakalé a tout de suite fondu en larmes car c’était la première fois qu’elle voyait une européenne et ma peau blanche l’a effrayée.

L’intervention s’est bien passée mais malheureusement, la plaie n’a pas évolué comme les médecins le pensaient et Niakalé a énormément souffert car la plaie infectée était importante et surtout très profonde. Cela m’a vraiment fendu le cœur de la voir souffrir autant, surtout au moment des soins car le changement des pansements était une véritable torture pour cette petite fille.
La vie de Niakalé n’est pas toute rose comme je m’en suis vite aperçue : sa famille est vraiment très pauvre, la petite fille doit rester dans un environnement hospitalier qui lui est étranger et en plus elle souffre énormément. Aussi dès que j’ai gagné sa confiance et qu’elle n’a plus eu peur de moi, je me suis engagée à lui rendre visite chaque jour pour égayer un peu ses tristes journées.


Niakalé avec sa maman et son petit frère sur le balcon de sa chambre d'hôpital

Je lui ai appris à faire ses premières bulles de savon. Le premier moment d’étonnement passé face à cette bulle transparente et aérienne, elle s’est mise à rire spontanément oubliant sa douleur quelques instants. C’était la toute première fois que je la voyais rire depuis son hospitalisation. A part son tout petit nounours qu’elle porte en permanence accroché dans son dos comme une vraie petite maman africaine, Niakalé ne possède rien comme jouets. Elle passe le temps dans sa chambre, sur son balcon et erre dans les couloirs du CHME avec sa maman et son petit frère. Le restant de sa famille et ses amis ne peuvent venir lui rendre visite car Bamako est trop loin de chez eux.


Premières bulles pour Niakalé !

Niakalé avec son inséparable petit nounours dans le dos telle une vraie petite maman africaine !


A chaque fois que Niakalé m’aperçoit, elle crie à travers tout le couloir « Tubabu, Tubabu » (la femme blanche) et vient à ma rencontre. J’essaie de lui faire chaque jour une petite visite car elle est très courageuse. Sa plaie est encore fort douloureuse et elle a du mal à se déplacer et ne peut s’asseoir sur une chaise. Je lui ai fait une petite surprise, à savoir sa première boisson dans une canette. Depuis, elle a l’habitude que je lui apporte chaque jour un jus de fruit dont elle se régale. Je lui avais donné une photo d’elle que j’avais imprimé et elle l’emporte partout avec elle et n’hésite pas, fièrement, à la montrer aux autres malades hospitalisés. A part les mots « Tubabu » et « jus », nous ne savons pas vraiment communiquer verbalement mais son sourire et ses yeux pétillants de bonheur en disent bien plus long que n’importe quel discours. Je dois dire que cela me fait chaud au cœur de voir qu’on peut procurer autant de joie et de bonheur à un enfant avec de si petits gestes insignifiants.

Hier, les infirmières responsables de l’unité d’hospitalisation de Niakalé m’ont dit que la cicatrisation de sa plaie était en bonne voie. J’espère sincèrement que d’ici à quelques semaines, elle sera complètement rétablie et qu’elle aura oublié les terribles douleurs ressenties ce dernier mois.

Catherine
 

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