La malaria au Mali ...

A l’hôpital, ces derniers temps, je rencontre de plus en plus d’enfants souffrant de paludisme.
Le paludisme, ou malaria, est une infection parasitaire propagée par le moustique appelé « Anophèle ». Le Plasmodium qui cause le paludisme n'est ni un virus ni une bactérie, c'est un parasite formé d'une cellule unique qui se multiplie dans les globules rouges des humains ainsi que dans l'intestin des moustiques. Quand la femelle pique un individu infecté pour s'alimenter, des formes mâles et femelles du parasite sont ingérés avec le sang humain. Par la suite ils se rencontrent et copulent dans l'intestin du moustique, à la suite de quoi des formes infectantes sont transmises à un autre humain lorsque le moustique le pique pour se nourrir.

Quatre espèces de Plasmodium peuvent transmettre le paludisme : P. falciparum, P. vivax, P. ovale et P. malariae. Les deux premiers types sont les plus répandus. Le Plasmodium falciparum est le plus dangereux de ces parasites car l'infection peut tuer rapidement (en quelques jours). Il est malheureusement particulièrement fréquent au Mali et dans le restant de l’Afrique subsaharienne. Les autres espèces de parasites causent une maladie mais pas la mort.

En pleine saison des pluies, le risque de se faire piquer et de contracter la maladie est plus important m’expliquent les médecins du CHME. Il pleut régulièrement, l’eau forme des flaques qui vont stagner et dans lesquelles vont proliférer les moustiques vecteurs de la maladie. Les risques d'infections dépendent aussi des éléments suivants :

* l'altitude (les plus basses altitudes présentent de plus grands risques)
* le moment de la journée (la nuit est le pire moment car c’est là que lesmoustiques se nourrissent)
* les zones rurales, les zones marécageuses, les champs, les forêts présentent un plus grand risque.

Les petits malades arrivent généralement CHME avec les symptômes suivants : fièvre élevée, vomissements et douleurs abdominales. Ces symptômes au Mali orientent tout de suite le médecin vers une suspicion de la malaria alors que chez nous, en Europe, on n’y penserait même pas puisque la malaria ne sévit que dans les climats subtropicaux. Les Plasmodium dans le sang sont généralement visibles au microscope. De simples tests pratiqués à l'aide de bandelettes réactives (ou quelques gouttes de sang dans un petit appareil) peuvent également être utilisés pour identifier le P. falciparum.
Si la malaria est diagnostiquée suffisamment tôt, l'infection peut être entièrement guérie. Les petits malades se voient alors prescrit un médicament anti-paludisme et peuvent, en principe, rentrer chez eux sauf en cas de fièvre vraiment très élevée ou de vomissements graves. Le médicament doit être pris une fois par jour pendant une période allant de trois à sept jours. Le traitement ne coûte pas très cher.

Les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes présentes les risques les plus importants de complications. Beaucoup de jeunes enfants décèdent de la maladie et chez la femme enceinte, le risque d’un accouchement prématuré ou d’un enfant mort-né est relativement important. Pour ces deux groupes à risque, les médicaments sont entièrement gratuits. On encourage ainsi les femmes enceintes à prendre des médicaments prophylactiques pendant leur grossesse afin de ne pas contracter cette maladie infectieuse parasitaire.
Des campagnes de sensibilisation importantes sont mises en place au Mali afin d’informer les enfants et leurs parents sur les risques de la malaria : émissions télévisées, spots radio, affiches …etc. L’accent est mis principalement sur les moyens de prévention : moustiquaire imprégnée de perméthrine au-dessus du lit, vêtements avec longues manches et couvrant les jambes, spray contenant moins de 35% de DEET …etc.

Les jeunes enfants reçoivent souvent gratuitement une moustiquaire à l’hôpital dès la fin de leur programme de vaccination.

Malgré tout, beaucoup de personnes décèdent encore de la malaria. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a mené, dans les années 1950 et 1960, une campagne contre les anophèles qui a permis de considérablement diminuer leur nombre. Mais on a pu constater dernièrement un retour en force du moustique et du parasite. Aujourd'hui, le paludisme tue environ deux millions de personnes par an dans le monde, ce qui fait de lui la maladie infectieuse la plus mortelle après la tuberculose. Plus de 300 millions de personnes sont infectées chaque année.

La semaine passée, un petit enfant est décédé de la malaria au CHME. Il avait contracté une forme sévère du paludisme.
 

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