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FFL : Catherine, après 4 mois au Mali comme infirmière bénévole, comment résumerais-tu ton expérience africaine ?
Il m’est difficile de résumer cela en quelques mots mais je peux dire en gros que j’ai beaucoup vu, beaucoup appris, je me suis fait plein d’amis et j’ai découvert un autre monde. Aujourd’hui, je vois la vie différemment. Cela restera une expérience inoubliable qui marquera à jamais ma vie future.
FFL : 4 mois, c'était bien, c'était trop long, trop court ?
Pour moi, 4 mois c’était juste ce qu’il me fallait.
J’ai pu découvrir la vie ici au Mali, découvrir et comprendre un peu mieux les us et coutumes locales et surtout faire connaissance avec un peuple très chaleureux. J’ai pu réellement développer un échange amical et sincère avec beaucoup de Maliens, ce que je n’aurai pas su faire en quelques semaines.
FFL : Qu'est ce que tu as appris sur place ? en quoi cela fut-il une expérience enrichissante pour toi ?
Jamais je n’aurai pensé apprendre autant. D’une manière générale, j’ignorais tout de la culture africaine et aussi de l’Islam car je ne m’y étais jamais intéressée auparavant. Au Centre Hospitalier Mère et Enfant (CHME) « Le Luxembourg », j’ai été confrontée à des maladies que je ne connaissais que de façon théorique comme la malaria, la drépanocytose, l’hydrocéphalie etc…

Je pense que oui même si cela est difficile car ils ont leur manière de travailler et de soigner et ne voient pas toujours la nécessité de modifier leurs habitudes. Je pense tout de même que j’ai pu leur apporter quelque chose au niveau des actes de soins et plus particulièrement au niveau de l’hygiène lors des réalisations/changements de pansements, bandages etc…
Pour ma part, je serai dorénavent encore plus attentive qu'avant à ne pas gaspiller le matériel médical.
FFL : Ton meilleur souvenir ?
Mon plus beau souvenir est incontestablement le rire de ma petite patiente Niakalé qui est restée si longtemps hospitalisée au CHME. Elle souffrait énormément suite à une intervention chirurgicale (voir reportage précédent), sa famille est très pauvre et la petite Niakalé n’avait qu’un tout petit nounours pour jouer. Après quelques semaines d’hospitalisation, elle a repris des forces et lorsque j’ai entendu la première fois son rire, j’ai été submergée par l’émotion car je venais de réaliser que c’était la toute première fois que je la voyais sourire et rire de bon cœur. Comme elle est restée très longtemps au CHME, j’ai développé une relation plus personnelle avec elle. Parfois, je lui faisais de petits cadeaux (un jus d’orange par exemple) et elle était folle de joie et de bonheur. Je ne l’oublierai jamais.
FFL : Ton pire souvenir ?
„ Ne t’investis pas de trop avec cet enfant car il ne vivra probablement pas longtemps » : cette phrase qui m’a été maintes fois répétée m’a toujours énormément choqué et peiné. Mais c’est malheureusement la triste réalité au Mali, beaucoup d’enfants ne survivent pas, par faute de moyens médicaux (manque de « baxters » pour les alimenter artificiellement par ex). Au Luxembourg, les enfants opérés peuvent bénéficier de séances de kinésithérapie, d’ergothérapie et il existe différents traitements pour les aider et pour améliorer leurs conditions de vie…au Mali, les enfants handicapés par exemple, et leurs parents ne bénéficient d’aucunes aides et se retrouvent seuls pour faire face à un handicap.
FFL : Est-ce que tu reviendras au Mali ? ou dans un autre pays en voie de développement ?
Il est possible que je reviendrai au Mali d’ici quelques années pendant mes vacances par exemple car le Mali est un très beau pays dont je n’ai pu découvrir qu’une toute petite partie. Mais avant de revenir au Mali, j’aimerai encore découvrir d’autres pays.

Je ne sais pas encore. C’était mon rêve que de pouvoir réaliser cette expérience humanitaire. Aujourd’hui mon rêve est devenu réalité et il a dépassé toutes mes espérances. Qui sait, peut-être aurais-je encore un jour l’opportunité de retourner quelques semaines avec une équipe médicale dans le cadre d’une mission humanitaire en Afrique ou dans un autre pays en voix de développement ? Cela me plairait beaucoup mais seul l’avenir nous le dira.
Une nouvelle tranche de vie va débuter pour moi dès janvier : je vais commencer à travailler à l’Hôpital Saint Louis d’Ettelbrück en tant qu’infirmière pédiatrique.
FFL : Qu'est ce qui va te manquer le plus maitenant que tu est rentrée au Luxembourg ?
Incontestablement le côté amical, l’ouverture d’esprit, la simplicité des Maliens et puis naturellement le beau temps !

Les premières semaines sur place sont très difficiles.
Même avec la meilleure des préparations possibles (et je peux vous dire que j’ai été très bien préparée par le Service National de la Jeunesse, par le Cercle des ONG et par la Fondation Follereau Luxembourg), les 2/3 premières semaines sont très dépaysantes, j’ai vécu un véritable choc des cultures comme on dit. Mais si je peux faire une petite recommandation aux futurs bénévoles, ce sera de ne surtout pas abandonner et de garder l’esprit ouvert car c’est une magnifique expérience que je souhaite à tous.
Beaucoup de jeunes m’ont dit qu’ils auraient également voulu tenter l’expérience mais qu’ils n’ont pas osé parce qu’ils avaient un peu peur de se retrouver seul dans un pays étranger et de ne pas assumer sur place. Certes, il faut être motivé et ce n’est pas toujours facile pour trouver une ONG avec des projets qui correspondent à nos aspirations mais il ne faut pas abandonner car le jeu en vaut la chandelle, vraiment. Pour ma part, je me suis accrochée et je ne regrette pas ces 4 mois au Mali, que du contraire. J’ai eu beaucoup de chance d’avoir été sélectionnée par la Fondation Follereau Luxembourg.


Bien sûr. Je vais essayer en tout cas. Ce ne sera peut-être pas facile car nous, jeunes européens, nous utilisons principalement internet pour correspondre et ce moyen de communication n’est pas encore accessible à tous en Afrique. Dans certains petits villages reculés, il n’était pas rare que des personnes me donnent une lettre qu’elles avaient écrites pour que je la poste pour eux à Bamako.

Merci à vous pour avoir réalisé mon rêve. C'était vraiment une très belle expérience que je recommande à ceux qui veulent voir par eux-mêmes le travail d'une ONG sur le terrain et qui souhaitent par la même occasion mettre la main à la pâte.
Interview Françoise Meisch



