
Tout d’abord, on m’a expliqué que nous ferions le trajet en moto car en voiture c’est tout simplement impossible. Au Bénin, il y a peu de routes mais beaucoup de pistes de sable avec plein de trous/nids de poule. Lorsqu’il pleut, ces trous sont remplis d’eau et il est alors dangereux d’emprunter ces pistes et lorsqu’il ne pleut pas, c’est certes moins dangereux mais tout aussi désagréable car le sable et la poussière rouge du sol s’engouffrent partout et très vite vous ressemblez à un « morceau de viande panné » ! Enfin avec toutes les bosses sur la route, croyez-moi, après à peine une demi-heure de route et à moins d’avoir une longue expérience en « motocross », vous êtes tout simplement exténués.
Le premier jour, nous avons parcouru environ 70km. Plus nous avancions, plus les pistes se rétrécissaient et plus j’avais du mal à m’imaginer qu’on puisse encore trouver des personnes vivants aussi loin, perdus en pleine forêt et pourtant subitement je me suis retrouvée entourée d’une ribambelle d’enfants en costume d’écoliers portant leurs livres de classe sur la tête ! Dans tous ces petits villages traversés, j’ai été, malgré moi, l’attraction principale : les enfants surtout, restaient figés devant moi et m’examinaient de la tête au pied, fascinés par ma peau blanche et mes cheveux blonds.

C’est très difficile pour eux pour différentes raisons :
Tout d’abord, comme je viens de vous l’expliquer, certains villages sont vraiment très difficilement accessibles, même en moto. Ensuite, les différentes lettres envoyées aux Centres de Santé n’arrivent pas ou pas à temps pour avertir les villageois de l’arrivée de l’équipe médicale chargée de procéder au dépistage. Certains centres ignorent ou oublient de prévenir la population de sorte que lorsque les équipes médicales sont sur place, les villageois, eux, font malheureusement défauts. C’est pourquoi, les agents de santé se rendent directement de village en village pour s’informer des nouveaux cas recensés ou suspectés. Mais ici aussi, les agents de santé se heurtent parfois à la peur des villageois qui redoutent l’hospitalisation et les interventions chirurgicales et qui préfèrent alors se cacher lors du passage des équipes médicales.


Lors des visites dans les villages, les agents de santé font aussi beaucoup de prévention. A l’aide de petits films en langue africaine, d’affiches, de photos, les agents de santé expliquent que l’Ulcère de Buruli est une maladie causée par une mycobactérie et non consécutive à un mauvais sort par exemple, ils expliquent aussi comment l’éviter, comment la dépister, les premiers symptômes, le traitement etc…c’est vraiment un travail de longue haleine.
Même si je suis rentrée très fatiguée de ces deux jours de sensibilisation et de dépistage, j'ai appris beaucoup de choses et je ne regrette pas mon épopée en moto.
à bientôt !
Romy



