
Début novembre, j’ai fêté mon anniversaire en petit comité chez moi dans mon petit logement avec une pizza « anniversaire » faite maison…il faisait si chaud, cela m’a fait tout drôle de célébrer mon anniversaire par 40° , je n’avais absolument pas le sentiment d’être déjà au mois de Novembre. Les jours passent et je m'acclimate bien au pays et surtout à ses habitants, très chaleureux. Mon travail me procure beaucoup de joie et de satisfaction. Laissez-moi d'ailleurs vous raconter mon travail auprès des enfants du Centre de dépistage et de Traitement de l'Ulcère de Buruli (CDTUB) : Mes tâches consistent à m'occuper des enfants qui ont subi une intervention chirurgicale et qui sont en convalescence au CDTUB. En bref, j'essaie de les distraire pour rendre leur convalescence un peu plus agréable. Les enfants ont entre 2 et 16 ans et c'est encore un peu compliqué car nous sommes tous encore en phase d’adaptation : chacun essaie de trouver comment communiquer au mieux avec l’autre…
Heureusement le lundi, mercredi et vendredi, un instituteur est à ma disposition pour m’aider un peu. Les mardi et jeudi par contre je dois me débrouiller toute seule. L’inconvénient majeur est bien évidemment la langue : je parle encore très peu le « fon » et eux, ne parle presque pas français.
Pourtant je m’applique à apprendre la langue mais disons que... comment dire…je dois certainement encore progresser…car lorsque je parviens à m’exprimer en « fon », les enfants rigolent tellement de moi et ne font tout de même pas ce que je leur demande car ils semblent ne pas mieux me comprendre que lorsque je parle français!
De plus, parmi les enfants, il y a encore quelques enfants Nigérien qui ont, eux aussi, leur propre langue et ne comprennent ni fon ni français. Bref, pour le moment nous communiquons plus par langage des signes, avec les mains et surtout en faisant preuve de beaucoup d’imagination.
Voici quelques exemples de mes connaissances en fon :
Bonjour: Kudo cent-cent
Bonsoir: Kudo gbada
Bienvenue: Mi kwabo
Au revoir: Edabo
Comment ca va?: A fon gangi a?
Ca va bien: Un fon gangi
Merci: A houana ka ka
Pardon: Dédé
Attend: Nonté
Regarde: Kpong
On va faire ceci: Ména-blo élo
Jouer: da-aihou
Qu’est-ce que c’est?: Eté-né?
Qu’est-ce que tu fais?: Eté blo-adé?
Je ne te comprends pas: Hm mon nouklon djemmé
Tu as mal?: Evéa?
C’est fini: Ewo
Les instituteurs sont aussi très sévères avec les enfants au Bénin et crient souvent très fort sur eux, ce qui n’est pas dans mes principes pédagogiques. Aussi, j’ai encore un peu de mal à obtenir le calme et à leur faire comprendre que je ne veux pas qu’ils se disputent et se bagarrent pendant les heures de cours. Tous les enfants au CDTUB ne sont pas malades, certains sont uniquement là pour accompagner un petit frère ou une petite sœur. Les enfants en bonne santé vont à l’école à Allada afin qu’ils ne perdent pas trop du programme scolaire. J’ai toutefois rencontré de jeunes adolescents de 15 ans provenant de petits villages au Nord d’Allada qui ne savaient ni lire ni compter car ils n’avaient jamais pu aller à l’école…l’éducation n’est pas encore un droit acquis pour tous les enfants au Bénin et c’est bien triste.
Souvent ce sont les mamans qui accompagnent les enfants au CDTUB car le règlement est très stricte à ce niveau : les enfants doivent être accompagnés d’une tierce personne qui participera à l’entretien du Centre. Il faut garder les chambres propres : ranger, balayer, nettoyer etc…sont des tâches communes. Chacun, à tour de rôle, doit aussi nettoyer et entretenir la cuisine. Les accompagnateurs doivent aussi veiller à changer les draps du malade, laver les pansements avant la stérilisation etc…
Bon, je vous laisse vous perfectionner en fon et retourne à mon travail !
Edabo !
Romy


