
Devant les marchés, on a vite l'eau à la bouche face à toutes les sortes de fruits qui ne poussent pas chez nous : mangues, ananas, papayes... mais ici aussi, il faut faire attention. Les fruits, les légumes mais aussi la viande et le poisson sont généralement vendus le long de la route. Ils gisent en plein soleil, dans la poussière, à la merci des insectes. On ne peut pas croquer un fruit à pleine dents comme on le ferait chez nous, tous les légumes doivent être lavés, épluchés ou mieux cuits pour être comestible. Au Bénin, on répète sans cesse : " Cuit-le, épluche-le ou bien oublie-le" !
Pareil pour l'eau : on ne peut pas la boire au robinet. J'ai rencontré des volontaires qui n'ont jamais eu le moindre problème avec l'eau mais ce n'est malheureusement pas mon cas alors que j'ai pourtant testé et combiné différentes techniques qui normalement sont déjà efficaces séparément : j'ai tout d'abord porté l'eau à ébullition, puis je l'ai désinfectée avec des capsules d'iodine avant de la filtrer dans un appareil spécial. Je dois reconnaître que je n'ai pas toujours suivi à la lettre, les consignes données au départ et si les deux premiers mois tout s'est bien passé, les choses ont dégénéré par la suite. Maux de ventre et diahrrées ont été mon lot quotidien par la suite. Par moment, j'allais mieux et puis les symptômes revenaient. Je ne me suis pas trop tracassée car la plupart des touristes sont confrontés à ce type de petits désagréments. Mais en fin de compte, les 6 premiers mois, j'ai perdu 7 kilos et j'ai du prendre plusieurs fois des antibiotiques. Les choses ne pouvant pas continuer de la sorte, je me suis résolue à changer mes habitudes alimentaires : maintenant je ne bois plus que de l'eau en bouteille et je suis plus prudente avec la nourriture que je mange. J'évite de manger trop épicé, de consommer des aliments crus (légumes, crudités etc) et je ne mange plus de nourriture achetée le long de la route à des marchandes ambulantes car on ne peut jamais être certaine si cela a été préparé dans de bonnes conditions hygiéniques ou pas.
Un autre gros problème avec lequel j'ai des difficultés : les moustiques et par conséquence la malaria. Je prends des médicaments contre la malaria mais je souffre personnellement beaucoup des effets secondaires : nausées, maux de tête, pertubations du sommeil etc. Même en prenant toutes les précautions pour ne pas se faire piquer par les moustiques, on n'est cependant pas complètement à l'abri. Les sprays anti-moustiques ne sont pas efficaces à 100% non plus . Si j'oublie une toute petite partie sur mon corps, je peux être certaine que c'est à cet endroit même que je vais être piquée.
Alors que je venais de "fêter" 200 jours de présence au Bénin, je me sentais un peu moins en forme que d'habitude et pour cause, une prise de sang a révélé que j'avais contracté la malaria. Depuis le début de ma mission volontaire, j'ai toujours pensé que je n'y échapperai pas mais j'ai tout de même été surprise du diagnostic car je ne présentais pas les symptômes habituellement associés à la maladie : fièvre élevée, nausées, grosse fatigue etc...
pour détecter la malaria, il suffit d'une petite goutte de sang...

Heureusement grâce à mon traitement anti-malaria, je n'ai pas vraiment développé la maladie. Heureusement !
Les docteurs du CDTUB et la FFL étaient cependant inquiets pour moi. Une jeune infirmière a passé deux nuits dans ma maison pour me surveiller et un lit a été installé dans mon petit bureau pour que je m'allonge les 3 jours du traitement.
La malaria se guérit vite avec un traitement médical approprié qui s'appelle "Coartem", c'est le médicament le plus utilisé et le plus efficace à ce jour contre la maladie. Après 3 jours de traitement, ma deuxième analyse sanguine était bien meilleure et les paramètres étaient redevenus presque normaux mais il faut un certain temps m'a t-on expliqué pour que tout soit complètement évacué de mon corps.
à bientôt,
Romy


