Plusieurs fois sur le chemin pour Cotonou, parfois à pied et parfois en mobylette, j’ai aperçu des Africains souffrant d’albinisme, une maladie génétique. Au début, je n’avais pas remarqué directement qu’il s’agissait d’albinos. Je pensais qu’il s’agissait de « Yovo », c'est-à-dire d’un Européen ou d’un Américain…mais une fois plus près d’eux, je me suis rendue compte que ce n’était pas des « blancs » comme moi. Les Africains qui souffrent d’albinisme ont les caractéristiques physiques de tous les Africains (nez plusévasé, lèvres plus larges, cheveux crépus etc) mais leur peau et leurs cheveux sont blancs.
L’albinisme est une affection universelle dont l'incidence mondiale, toutes formes confondues, est d'environ 1 cas pour 20.000 naissances. Ce chiffre est plus important en Afrique.

Ce n’est pas facile de souffrir d’albinisme en Afrique : à cause de leur peau claire, les albinos se font beaucoup plus remarquer en Afrique que par chez nous en Europe. Ils sont victimes de discrimination, exclus, on se moque d’eux et pire encore ! Au Bénin comme dans d’autres pays africains, les albinos voient leur vie menacée de mort. On les pourchasse, on les assassine pour leur subtiliser des organes ou des parties de leur corps avec lesquels seront fabriquées des potions soi-disant magiques. Il existe un tas de croyances et de superstitions : les pécheurs sont convaincus d’avoir de meilleures prises s’ils tissent leurs filets avec les cheveux des albinos par exemple. La peau d’un albinos vaut entre 2400 et 9600 dollars en fonction de l’âge de la victime. Au Zimbabwe, la rumeur dit qu’on peut guérir du sida en ayant des rapports sexuels avec une femme albinos, ce qui engendre du coup beaucoup de viols de femmes albinos. Au Bénin, un vieil adage affirme que « lorsqu’il y a une éruption volcanique, seul le sang des albinos peut calmer le dieu de la montagne ».

Certains enfants albinos sont enlevés dans leur village et subissent d’horribles mutilations/tortures avant de périr de leurs blessures. C’est pourquoi les parents d’enfants albinos ne peuvent les envoyer à l’école et doivent les surveiller en permanence. Les trafiquants d’organes se voient la tâche simplifiée du fait que beaucoup d’albinos sont exclus de leur village par leur propre famille qui pense que la présence d’un albinos parmi eux va leur porter malchance. Certaines mères refusent même d’allaiter leur enfant atteint d’albinisme. Ces cas extrêmes se retrouvent particulièrement dans les petits villages de brousse ou dans des régions spécifiques où l’éducation scolaire est limitée.

Les politiciens ne prennent pas encore suffisamment la problématique en considération. Et les albinos eux-mêmes ne sont toujours bien informés sur leur maladie, ils ne savent pas toujours comment bien se protéger contre les rayons nocifs du soleil. C’est ainsi que beaucoup décèdent des suites de cancers de la peau. Et ceux qui savent comment se protéger n’ont soit pas la possibilité de trouver de la crème solaire dans leur village en pleine brousse ou bien pas d’argent pour la payer. Enfin ,les personnes qui souffrent d’albinisme ont aussi des problèmes de vision assez importants.

En Tanzanie par exemple, ces dernières années, il y a eu énormément d’assassinats sur la population d'albinos estimée à environ 200.000 sur une population totale de +/- 40 millions de personnes.
En avril 2009, un jeune garçon albinos de 18 ans est arrivé à Ténériffe sur un navire de fortune car il avait peur pour sa vie au Bénin. L’Espagne, qui refuse en principe 95% des demandes d’asiles politiques a heureusement accepté de l’aider pour ne pas qu’il doive retourner au Bénin.
Il faut espérer que les superstitions et croyances concernant l’albinisme vont disparaître en Afrique et que les personnes atteintes pourront un jour, vivre une vie normale sans se cacher et sans vivre continuellement dans la crainte.
Romy
 

IBAN LU15 1111 0000 7878 0000 CCPLLULL
IBAN LU38 0019 1100 2081 3000 BCEELULL
151, avenue du X Septembre L-2551 Luxembourg // Téléphone: 44 66 06-1 // Fax: 45 96 53 // info@ffl.lu