LA TUBERCULOSE


Actualité

La tuberculose est loin d’être éliminée, voir éradiquée comme démontrent les chiffres les plus actuels de l’Organisation Mondiale de Santé, OMS. En 2005, 193 Etats ont reporté au total 4.648.313 nouveaux cas (toutes formes confondues de tuberculose). Parmi les 10 pays qui sont les plus touchés par l’incidence reportée (nombre de nouveaux cas pendant une période et une population donnée), 7 Etats sont d’origine d’Afrique Australe (voir tableau ci-dessous). En comparaison, le Luxembourg a reporté en 2005 un taux de 8 nouveaux cas pour 100.000 habitants.


Comparaison d'incidence de tuberculose par pays

Le nombre estimé des décès dus à l’infection du bacille de Koch équivaut à 1.448.628 pour l’année 2005, selon les sources de l’OMS. Ceci signifie que toutes les 30 secondes un homme perd le combat contre la tuberculose et meurt. Les 5 pays dont le nombre de décès est le plus élevés en valeur absolue, sont : l’Inde, la Chine, le Nigeria, l’Indonésie et le Bangladesh. Ils représentent plus de 50% des décès totaux.



 

 

Une tuberculose infatigable

Grosso modo, le risque d’être infecté par le mycobacterium tuberculosis a continuellement augmenté pendant la période 1990-2005, et selon l’OMS, l’incidence estimée plafonne autour de 8.601.000 nouveaux cas toutes formes confondues (TPM+, TPM-, TEP, rechutes) pour 2005.

Les facteurs qui contribuent à une telle hausse sont multiples et divers. Les déplacements de population contribuent largement à la dissémination de la maladie au plan national, continental, mais également intercontinental. Les migrations involontaires dues aux catastrophes naturelles (inondations, sécheresse) ou aux guerres civiles et conflits armés, sont potentiellement vecteur d’une incidence croissante.
Une autre origine est liée à la situation socio-économique catastrophique des paysans, qui affluent par millions dans les mégapoles afin de trouver une vie meilleure. Or, les infrastructures sanitaires des pays en développement sont quasiment inexistantes, ce qui véhicule l’apparition de certaines maladies, dont la tuberculose.
Egalement responsable de la recrudescence spontanée de la tuberculose dans les pays industrialisés sont d’un côté les voyages dans les pays à haut risque de contamination et l’ignorance des voyageurs face à une éventuelle infection.
Surtout les personnes affectées du VIH sont exposées à développer une tuberculose maladie.


Evolution de l'incidence estimée de la tuberculose de toutes formes

La transmission

La tuberculose est une maladie contagieuse et l’agent infectieux, le Mycobacterium tuberculosis, est transmis majoritairement par voie aérienne, via des gouttelettes en suspension dans l’air provenant des malades contaminés par la bactérie. Le mode opératoire est quasiment le même que pour le rhume. Tousser, cracher, parler, embrasser, se moucher projetent les bacilles provenant du porteur de l’infection. Quelques gouttelettes inhalées peuvent infecter l’entourage. Le port d’un masque protecteur est une mesure préventive efficace si l’on vit dans un milieu fortement contagieux.

Développement de la tuberculose

Comme la transmission des bactéries tuberculeuses se fait majoritairement par voie aérienne, les agents pathogènes inhalés se localisent habituellement dans les poumons, plus précisément dans les alvéoles pulmonaires. Les agents pathogènes se multiplient et affectent le métabolisme du tissu cellulaire avoisinant, créant un dysfonctionnement inter et intra cellulaire. A ce stade l’infection est latente, c’est-à-dire qu’elle ne se manifeste pas encore par des symptômes cliniques. Ceci correspond à 90% des cas.

Or, les personnes infectées ne développent pas nécessairement une tuberculose « apparente ». En fonction d’un système immunitaire intègre et sain, les bacilles sont mis en « quarantaine » par les agents immunologiques, ce qui permet aux corps pathogènes de rester inactifs pendant des années. Mais le risque d’une éruption soudaine de la maladie persiste, par exemple en cas d’une infection HIV.

Pour les 10% restants, l’infection progressera rapidement jusqu’à la maladie, les signes cliniques les plus usuels étant la fièvre, la toux, la perte de poids, des problèmes respiratoires etc. Si aucun traitement médicamenteux n’est administré, l’infecté n’aura pas de chance de survie.

Le diagnostic

Toute une panoplie de méthodes diagnostiques existent pour vérifier si une personne est atteinte par des bactéries tuberculeuses, mais les méthodes les plus répandues sont l’examen clinique, la radiographie, la recherche bactériologique et le test allergique intradermique (test de Mantoux) qui relève une hypersensibilité tuberculinique. Toutefois, seul le contrôle bactériologique est spécifique à 100% et constitue le diagnostic définitif.

Dans une première phase, les bacilles sont isolés. Puis, des tests hautement spécifiques sont réalisés. Une des caractéristiques des souches tuberculeuses est l’acido-alcoolo-résistence et celle-ci est vérifiée soit par la coloration de Ziehl-Neelsen ou soit par l’auramine. Une méthode complémentaire consiste en la mise en culture des bactéries sur milieu de Löwenstein-Jensen pour stimuler la prolifération des bactéries tuberculeuses. En pratique, la confirmation de l’acido-alcoolo-résistence établit la preuve de la contagiosité.

Types de tuberculose

En théorie, chaque organe humain peut héberger ce Mycobacterium et par conséquent, il est donc vulnérable à une physiopathologie et à une pathologie anatomique. Dans plus de 50% des cas de tuberculose, il s’agit d’une infection pulmonaire. Mais il existe également une tuberculose extra-pulmonaire, comme par exemple la tuberculose rénale, ganglionnaire, osseuse ou une méningite tuberculeuse.

Les bactéries qui ne sont pas inhibées dans leur prolifération détruisent le tissu avoisinant, et peuvent affecter d’autres organes par voie sanguine. Une seconde variante, mais extrêmement rare, de coloniser un organe autre que les poumons, s’opère par une contamination non aérienne, telle que par voie sexuelle ou gastrique.

La prophylaxie et le traitement

Le traitement préventif prévoit la « vaccination » BCG contre la tuberculose. Celle-ci ne garantit pourtant pas une protection absolue, mais permet d’atténuer les formes graves de la maladie.

Si la version latente de la tuberculose a été diagnostiquée, un traitement médicamenteux curatif (chimiothérapie préventive) doit être prescrit pour réduire l’incidence de la tuberculose maladie. La Rifampicine est l’antibiotique antituberculeux majeur et est pris par voie buccale.

Dans le cas d’une tuberculose maladie, un cocktail de médicaments antibiotiques à doses variables est administré aux malades. La durée d’un tel traitement peut aller jusqu’à 12 mois.

Dans tous les cas, une bonne surveillance thérapeutique doit être garantie, afin d’éviter des complications (accidents toxiques, interruptions de traitement). Des traitements médicamenteux spéciaux doivent être administrés aux femmes enceintes, aux enfants et aux personnes affectées par le virus d’immunodéficience humain.

La tuberculose et le VIH

On sait que le virus d’immunodéficience humain, VIH, abaisse le degré d’immunité et paralyse en quelque sorte le système immunitaire d’une personne porteuse. L’organisme humain est incapable de combattre l’intrus pathogène et de cette manière, le malade risque fortement de succomber à l’infection du bacille de la tuberculose. La tuberculose est une cause majeure de mortalité chez les séropositifs.

D’après les sources de l’OMS, la tuberculose est responsable d’environ 13% des décès des personnes affectées de VIH dans le monde et il paraît qu’on est loin d’inverser la situation.

Les résistances

On parle de résistance si les bactéries ont développé un mécanisme de protection contre les médicaments administrés. Depuis quelques années, les phénomènes de résistance antibiotique se sont multipliés et selon les recherches scientifiques, la cause de l’apparition des résistances réside dans la prescription abondante et souvent inutile de médicaments antibiotiques. En ce qui concerne les bacilles tuberculeux, le développement de telles résistances antibiotiques est d’autant plus probable, car les bactéries en question possèdent un cycle de division beaucoup plus long que la moyenne. Cette caractéristique bien typique permet aux bactéries tuberculeuses de s’adapter à la toxicité environnante tout en favorisant la création de nouvelles souches par mutation.

L'infirmier voit les microbes de la tuberculose (BK) dans les crachats.(DFB)
Les enfants ne sont pas épargnés de cette maladie terrible.(DFB)
Le suivi médical est très important pour guérir de cette maladie qui peut être mortelle.(DFB)
 

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