
Elles sont allées au Bénin pour voir. Et elles témoignent de ce qu’elles ont vu.
Les élèves de l’Ecole Privée Fieldgen collaborent avec enthousiasme à l’action Follereau et mettent depuis plus de 40 ans à la disposition de la FFL le fruit de leur campagne annuelle Follereau.
Du 1er au 9 septembre 2008, un groupe de six élèves du Fieldgen – accompagné par deux professeurs et M. Robert Kohll, directeur de la FFL – s’est rendu au Bénin pour découvrir les projets soutenus par l’Association Raoul Follereau du Bénin. Vous trouverez dans les lignes qui suivent une petite chronique de leur séjour, rédigée à la manière d’un peintre impressionniste.
1. L'Association Raoul Follereau du Bénin (ARFB)
C’est l’Association Raoul Follereau du Bénin qui nous a reçus et accompagnés durant notre séjour. Cette ONG se consacre, comme le dit lui-même Raoul Follereau, à aider les victimes « de toutes les lèpres ».
L’ARFB a été fondée le 20 mars 1988. Elle se compose d’un Conseil d’Administration et de Comités Locaux qui représentent l’ARFB dans de nombreuses communautés du pays. La Fondation luxembourgeoise Raoul Follereau (FFL) est le principal partenaire de l’ARFB depuis 1993 : elle la soutient par un appui institutionnel et le financement de nombreux projets.
L’objectif principal de l’ARFB est de redonner aux anciens malades de la lèpre et de l’ulcère de Buruli la confiance en soi et la dignité humaine à travers une amélioration des situations sociales, économiques et médicales au Bénin. L’ARFB poursuit cet objectif en dépistant et en informant les malades (elle les invite par exemple à aller se faire soigner auprès de médecins), ainsi qu’en sensibilisant toutes les couches sociales de la population béninoise aux problèmes liés à ces maladies. L’ARFB soutient également le Programme National de Lutte contre la Lèpre et l'ulcère de Buruli (PNLLUB) du Ministère de la Santé du Bénin et s’adonne à la réhabilitation et à la réinsertion socio-économique des malades à travers des microprojets de développement communautaire.
Cependant, l’ARFB ne limite pas son champ d’action à des projets visant à combattre la lèpre ou l’ulcère de Buruli. Elle contribue aussi à une amélioration des conditions de vie des communautés locales et soutient plusieurs centres d'accueil pour enfants abandonnés ou placés par le juge. Ces centres leur assurent une réinsertion sociale, un suivi scolaire et/ou une formation professionnelle.
Le grand nombre de projets entrepris, ou en cours d’exécution, montre avec quelle force et quelle détermination l’ARFB lutte pour le bien-être des victimes de maladies comme la lèpre, mais aussi contre toutes sortes d’injustices sociales et économiques.
Pour terminer, voici quelques exemples concrets de ce que l’ARFB a pu réaliser grâce à l’apport de son partenaire luxembourgeois (FFL) : construction et équipement du Centre de Dépistage et de Traitement de l'ulcère de Buruli (CDTUB) d'Allada ; acquisition de matériel de transformation de produits agricoles dans plusieurs localités ; construction d'infirmeries scolaires, de centres de santé et d'unités villageoises de santé ; réalisation de forages ; construction de châteaux d'eau et d'adductions d'eau ; activités de sensibilisation sur le VIH/SIDA, l'ulcère de Buruli et les latrines ; soutien scolaire et formation professionnelle d’enfants démunis, orphelins ou abandonnés, etc.
Mirjam Faber, élève de 2C
2. Le Centre de Dépistage et de Traitement de l'Ulcère de Buruli (CDTUB) d’Allada
En arrivant au Centre d’Allada, nous avons rencontré une équipe médicale très motivée, accueillante et généreuse, qui prend en charge les malades gravement touchés par l’ulcère de Buruli. Il faut savoir que le CDTUB apporte une aide vitale aux habitants du Sud du Bénin. D’ailleurs, face au nombre croissant de cas détectés ces dernières années et pour mieux subvenir aux besoins de la population, il a été décidé de rénover et d’agrandir ce centre.
Nous avons eu la chance de profiter d’une visite guidée des bâtiments – encore en rénovation – au cours de laquelle nous avons pu noter un grand enthousiasme de la part de l’architecte. Le nouveau centre comprendra une infrastructure adaptée à tous les soins (de l’hospitalisation à l’opération) qui améliorera les conditions de travail et de séjour, et offrira aux médecins et aux patients une atmosphère de vie plus agréable. Notons également que la rénovation du centre améliorera considérablement les conditions hygiéniques, de façon à augmenter le taux de réussite des traitements.
Outre leur travail au centre, les médecins se rendent régulièrement dans différents villages, où ils essaient de sensibiliser les habitants à l’ulcère de Buruli. Dans la commune de Zé, nous avons eu l’honneur d’être accueilli de manière extraordinaire par toute la population. Nous avons perçu combien les gens étaient motivés à se laisser instruire au sujet de cette maladie. Cette motivation représente un des facteurs les plus importants dans le travail de prévention.
En guise de conclusion, nous vous livrons cette constatation : toute l’aide que nous, élèves du Fieldgen, fournissons au CDTUB en vaut vraiment la peine. Ce centre – et à travers lui aussi un peu de nous-mêmes – donne à de nombreux adultes et enfants une véritable chance de survie. Nous pouvons en témoigner et nous remercions très chaleureusement toutes les personnes impliquées dans ce projet. Tout cet engagement nous a donné l’espoir de voir au Bénin un avenir plus serein.
Élisabeth Beckers et Raquel Chambell, élèves de 1A
3. Visite de projets dans le nord du Bénin
Nous avons visité plusieurs projets importants appuyés par l’ARFB grâce au soutien financier de la FFL dans le nord du Bénin.
Le premier est le Centre de Traitement Anti-Lèpre de Tré (près de Dassa) qui accueille des lépreux démunis, soit abandonnés par leur famille soit trop handicapés pour continuer à mener une vie « normale ». Le centre met à leur disposition un logement, une cuisine communautaire et une salle de soin (pansements, etc.). Le CTAL n’abrite plus aujourd’hui qu’environ 30 lépreux ; ce petit nombre est dû au succès des campagnes de sensibilisation et de traitement organisées dans les villages environnants. C’est pourquoi les responsables du centre sont en train d’élaborer un nouveau projet : ouvrir le CTAL à des personnes handicapées (par la lèpre ou d’autres maladies) et leur assurer une formation professionnelle, de sorte qu’elles puissent se réintégrer dans le système socioéconomique béninois.
A Djougou, nous avons fait la connaissance de Mamadou, directeur de l’ONG P.I.E.D. (Programme d’Insertion des Enfants Déshérités) qui lutte contre le trafic d’enfants. Il faut savoir que dans cette région, de nombreux enfants déshérités ou orphelins sont emmenés par des trafiquants et revendus (entre autre au Nigeria) comme main d’œuvre bon marché. L’ONG P.I.E.D. tente d’enrayer ce trafic en constituant des réseaux de « veilleurs » dans les diverses communautés locales. Les enfants sauvés vivent dans un centre d’accueil où ils reçoivent une formation scolaire, pendant que les membres de l’ONG tentent de retrouver leur famille.
Mamadou nous a également fait visiter deux villages soutenus par l’ONG P.I.E.D. et l’ARFB. Le premier, Kpali, vit essentiellement de la culture de manioc, le second du beurre de karité. Avant l’intervention de l’ARFB, les femmes pillaient les fruits de manière traditionnelle. La production de gari (une semoule obtenue à partir de la pulpe de manioc) par exemple était très lente : après avoir râpé le manioc, il fallait l’écraser, le tamiser, le faire sécher pendant environ une semaine et ensuite le faire cuire pendant deux heures. Au terme de ce long processus, les femmes obtenaient le gari qu’elles allaient vendre au marché. Le don d’une râpe motorisée, d’un pressoir ainsi que de « fours » sécurisés a permis d’augmenter considérablement le rendement de cette activité agricole. En l’espace de deux ans, la coopérative a rempli la caisse du village d’environ 22.000 francs CFA (soit environ 40 euros).
Tout comme à Kpali, l’ARFB a mis une machine à disposition du second village pour accélérer la production de beurre de karité. Maintenant les villageois peuvent produire environ deux bassines de karité par jour alors qu’avant, ils n’en produisaient que deux par semaine.
L’ONG P.I.E.D. et l’ARFB aident également les enfants de ces villages en fournissant le matériel et le financement nécessaires à leur scolarité.
Mélanie Sosoe, élève de 1C
Jessica Oliveira, élève de 13CG2
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Ce qu’elles retiennent de leur séjour au Bénin…
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Êlisabeth Beckers, 1A |
« Pour moi, le voyage au Bénin était une expérience inoubliable. Je me suis rendue compte de l’insignifiance de nos petits bobos de tous les jours. Le courage des Béninois face à leurs problèmes omniprésents m’a fasciné, de même que leur générosité et leur joie de vivre contagieuse. Les gens de ce monde tellement différent du nôtre m’ont rappelé ce qui est réellement important dans la vie. » |
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Raquel Chambell, 1A |
« On entre dans cette aventure étonné, surpris, et on en ressort impressionné et rempli de chaleur humaine. Ni la maladie, ni la pauvreté, ni la misère ne peuvent faire taire les chants africains, arrêter les danses rythmées, effacer les regards émerveillés ou cacher les sourires tellement blancs. Ce voyage au cœur de la culture africaine m’a fait ouvrir les yeux sur le monde et sur la vie, m’a fait comprendre le vrai sens du mot « partager », m’a donné la force de vouloir me battre avec les jeunes africains pour montrer au monde le vrai visage de la vie. » |
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Mélanie Sosoe, 1C |
« A mes yeux, Djougou a été la meilleure partie du voyage ! L’ambiance de l’accueil dans les villages était dynamique et touchante. Servir un repas à ses hôtes durant le ramadan et en plein soleil, ça c’est de l’hospitalité ! » |
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Jessica Oliveira, 13CG2 |
« Pour un premier voyage en Afrique, j’ai surtout été touchée par ses odeurs, ses couleurs, sa beauté et sa sincérité. Ce voyage m’a ouvert les yeux sur une réalité connue ici, mais existante là-bas. Je n’attends qu’une chose …y retourner ! » |
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Mirjam Faber, 2C |
« Pour moi, le voyage au Bénin était une expérience unique ; et je suis très heureuse d’avoir eu la chance d’y participer. Quand on se trouve ici au Luxembourg, on ne sait pas tellement pourquoi et pour qui on collecte tout cet argent ; on n’a pas de lien personnel avec les malades ou avec le pays où ils vivent. Maintenant, tout cela a changé : en allant au Bénin, j’ai pu voir que l’effort que nous faisons ici facilite la vie de tellement gens. Je sais ce que notre travail peut leur apporter et, grâce à cette expérience, je peux mieux m’engager. » |
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