La lutte contre l’excision au Mali

Au Mali, 85 % des petites filles sont toujours excisées de nos jours. Dans certaines zones du pays, ce taux s’élève à 98%. Toutes les formes de mutiations génitales féminines y sont pratiquées mais la plus courante reste l’ablation du clitoris et des petites lèvres.

Au Mali, l’enfant n’appartient pas à ses parents mais à la communauté. Si des parents refusent l’excision, la grand-mère ou une tante exciseront tout de même l’enfant.

« Il est difficile de convaincre les gens que l’excision n’est pas bien pour les femmes, la coutume est ancére dans les mentalités. Beaucoup d’hommes restent convaincus que sans l’excision, leur femme sera infidèle. Il faut convaincre les jeunes femmes mais aussi les hommes, les décideurs politiques et les chefs religieux. Pour lutter efficacement contre l’excision, il faut aussi reconvertir les exciseuses car il s’agit de leur gagne-pain. Nous tentons de leur trouver une nouvelle activité génératrice de revenus en leur donnant une formation professionnelle et en leur octroyant un micro-crédit » dit Madame Kadi Traoré, membre du COFESFA.

Les membres de COFESFA luttent contre l’excision

Pour combattre l’excision, la Fondation Follereau Luxembourg finance une campagne de sensibilisation de la COFESFA qui portera sur 25 villages dans 3 communes en périphérie de Bamako. Le budget de ce projet permet l’achat de matériel informatif (dépliants, affiches) pour l’organisation de campagnes de sensibilisation, le recrutement, la formation et la rétribution du personnel en charge de la sensibilisation, l’achat de mobylettes et de carburants pour permettre au personnel en charge de la sensibilisation de se rendre dans les villages isolés en pleine brousse (là où les MGF sont le plus pratiquées) la formation professionnelle (cours d’alphabétisation/gestion) et la reconversion des exciseuses à des nouvelles activités génératrices de revenus.

Pour les aider à débuter une nouvelle vie professionnelle, un micro-crédit leur est octroyé ainsi qu’un appui-conseils. Un suivi rigoureux est effectué par la COFESFA. En 2011, une dizaine d’exciseuses ont abandonné les MGF au profit de nouvelles activités génératrices de revenus. Chaque exciseuse mutilant environ 50 fillettes par an, nous estimons avoir sauver 500 petites filles de ses pratiques archaïques. Plusieurs anciennes exciseuses militent aujourd’hui contre la pratique des MGF car elles ont pris conscience de la gravité et des conséquences néfastes des MGF grâce au travail de sensibilisation de la COFESFA.

Beaucoup de femmes ignorent encore les risques qu’elles font courir à leurs petites filles, seule la sensibilisation, l’information et l’éducation pourront faire changer/évoluer les mentalités.

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