N’oubliez pas l’histoire d’Aïssata du Mali

Aïssata Camara a quinze ans et est mère de deux enfants. Elle vit dans un petit village au Mali. Elle n’est jamais allée à l’école. Son père, un paysan, n’avait pas assez d’argent pour envoyer tous ses enfants à l’école du village. Les aînés, deux garçons, ont ainsi bénéficié d’une scolarisation, pendant qu’Aïssata restait à la maison pour aider ses parents à survivre. Ses tâches quotidiennes étaient de participer aux travaux champêtres et domestiques.

Quand elle était petite, ses parents l’ont laissé être excisée. A l’âge de 13 ans, son père l’a mariée à l’un de ses amis, pour rembourser une dette. Pour éviter la honte à son père, Aïssata ne pouvait qu’accepter ce mariage et, quelques mois plus tard, elle tombe enceinte. Elle a continué à travailler tout au long de sa grossesse, comme si de rien n’était. Le dispensaire le plus proche était situé à une douzaine de kilomètres de chez elle, mais elle n’y est jamais allée parce qu’elle n’avait pas d’argent pour le transport.

Cette femme, contrairement à Aïssata, a pu bénéficier de l’aide de la FFL. Aidez-nous à éviter des témoignages comme celui d’Aïssata!

Quand les contractions ont débuté, le mari d’Aïssata et sa belle-mère ont contacté la matrone. Les contractions sont devenues de plus en plus violentes et de plus en plus douloureuses, mais le bébé ne semblait pas vouloir sortir. Pendant trois jours, Aïssata a essayé d’accoucher sans succès.

Les anciens du village se sont alors réunis pour prendre une décision : Aïssata devait être envoyée au centre de santé. Il a fallu plusieurs heures pour réunir l’argent nécessaire, transporter Aïssata dans une charrette pour atteindre la route et trouver un chauffeur pour la conduire en ville.

Au centre de santé, une sage-femme l’a examinée. Elle n’était pas contente qu’Aïssata soit arrivée si tard et lui a dit que le bébé était mort, mais qu’une césarienne était nécessaire. Comme le médecin qui devait pratiquer la césarienne était parti pour plusieurs jours en formation, il fallait aller dans un autre centre de santé.

Après la césarienne, Aïssata s’est rendu compte qu’elle ne pouvait plus contrôler son urine. De retour au village, elle avait honte parce qu’elle avait perdu son bébé, était constamment mouillée et dégageait continuellement une odeur d’urine. Voyant que la situation ne s’améliorait pas, son mari l’a renvoyée dans sa famille paternelle et a épousé une autre femme. Aïssata a subi trois interventions chirurgicales grâce au soutien de sa maman qui a vendu tout le bétail dont elle disposait pour ses soins sans succès. Peu à peu, le village entier a tourné le dos à Aïssata. Depuis ce moment, Aïssata et sa mère vivent dans une maisonnette dans le village. Quelques gens charitables aident les deux femmes à subsister, mais la santé d’Aïssata devient chaque jour un peu plus précaire. Personne ne sait combien de temps elle survivra.

Les statistiques maliennes sont éprouvantes…

Aïssata est un exemple parmi des millions de femmes africaines qui souffrent chaque jour des conséquences de la pratique des mutilations génitales féminines et qui n’ont pas d’accès aux centres de santé pour consulter un médecin pendant la grossesse et pour l’accouchement.

Il est estimé qu’au Mali, 85 % des petites filles sont toujours excisées de nos jours. Dans certaines zones du pays, ce taux s’élève à 98 %. Les conséquences de cette pratique barbare sont multiples : douleurs insupportables sans anesthésie, infections, hémorragies, problème d’urine, complications pendant les accouchements, conséquences psychologiques et sur la sexualité. Les autres statistiques au Mali se présentent aussi éprouvantes : le taux de mortalité infantile est de 106 pour 1000 naissances vivantes et le taux de mortalité maternelle est de 540 pour 100.000 naissances vivantes. Ces taux élevés sont causés par des accouchements faits à domicile et ne sont non-assistés, le manque d’accès à des centres de santé éloignés et le manque de moyens de transport pour accéder à ces centres.

Pour éviter des témoignages comme celui d’Aïssata, la FFL, en partenariat avec l’ONG locale COFESFA (photo), finance des projets au Mali ciblés sur l’aide aux mères et aux bébés.

63% des accouchements au Mali n’ont pas lieu en présence d’experts médicaux. A cause de ceci, dans le cas où une intervention médicale soit nécessaire, les femmes n’ont pas l’aide nécessaire. Les accouchements sont ‘mal’ faits et causent des problèmes et des souffrances qui marqueront le reste de la vie de ces femmes. Une de ces conséquences est une fistule obstétricale. On estime qu’au Mali, ainsi que dans autres pays de l’Afrique de l’Ouest, 3 à 4 femmes pour 1000 accouchements rencontrent ce problème. Pour une femme africaine, la fistule signifie l’exclusion familiale et sociale : non seulement ont elles perdu leur bébé mais aussi leur dignité. Elles sont abandonnées par leur mari ou par leur famille et exclues de leur société. Les gens refusent d’être en leur présence, elles sont considérées comme des impures, voire des sorcières victimes d’un châtiment divin. Ces jeunes femmes cumulent donc la perte d’un bébé mort-né dans la grande majorité des cas, une souffrance physique constante, l’incontinence, la honte et le rejet social et familial.

La FFL s’engage à ce que des histoires comme celle d’Aïssata ne se reproduisent pas

Pour éviter des témoignages comme celui d’Aïssata, la Fondation Follereau Luxembourg (FFL), en partenariat avec l’ONG locale COFESFA, finance des projets au Mali ciblés sur l’aide aux mères et aux bébés. A travers la construction de maternités et de centres de santé, des programmes de santé communautaire et des projets développés en actions d’information, de communication et d’éducation sur différents sujets comme l’assainissement, l’hygiène, la planification familiale, les maladies diarrhéiques, la malnutrition et les infections sexuellement transmissibles, la FFL essaye d’améliorer la situation sanitaire des femmes et des enfants maliens. Les centres offrent des consultations pré- et néo-natales pour les femmes et leur permettent d’accoucher dans de meilleures conditions. En plus de ceci, ils offrent des conseils médicaux, des vaccinations, des pansements et des informations sur la prévention du paludisme pour toute la famille.

Aidez-nous à éviter des témoignages comme celui d’Aïssata et à aider les mères et les bébés au Mali à commencer une vie en bonne santé. Vous pouvez nous soutenir par un don sur le compte bancaire suivant : CCPL IBAN LU15 1111 0000 7878 0000 avec la mention « Aide aux mères et enfants au Mali ». MERCI!