Expériences et bilan d'une coopération entre le Mali et le Luxembourg

En juillet de cette année, la troisième séance de travail de la sage-femme malienne Mme Kané Aminata Doumbia au Luxembourg va se terminer. Il s’agit d’un projet de collaboration entre la Clinique Bohler, la FFL et l’ONG malienne COFESFA (Collectif des Femmes pour l’Education, la Santé Familiale et l’Assainissement) dans le but d’adapter des supports d’information et communication sur des thèmes relatifs à la grossesse au Mali. Dans une interview Mme Aminata Doumbia a partagé ses expériences et a tiré un bilan de son travail dans le cadre du projet.

Comme l’explique la sage-femme, la situation et l’accompagnement d’une femme enceinte au Mali n’est pas comparable avec le Luxembourg. Parmi les problèmes auxquels les femmes maliennes sont confrontées, la méconnaissance des jeunes mamans au sujet de la grossesse est particulièrement inquiétante. La plupart d’entre elles ne connaissent guère les risques liés à une grossesse et ne comprennent pas l’importance, entre autres, de venir à la consultation prénatale.

Mme Aminata Doumbia : « tous ce que nous avons voulu faire était réalisable »

Sur ce point, il y a de grandes différences entre les deux pays : « Une femme enceinte au Luxembourg se retrouve déjà après quatre semaines de grossesse à la consultation prénatale, alors qu’au Mali, la plupart des femmes viennent seulement aux centres de santé quand elles ont de graves problèmes et même dans ces cas, les jeunes femmes ne l’osent souvent pas dire », explique Aminata Doumbia.

 « On ne peut même pas comparer la situation au Mali à celle du Luxembourg »

Pour cela une préoccupation centrale de la sage-femme consiste à informer les femmes maliennes et à les inciter à venir dans les centres de santé. Bien qu’il y manque aussi d’autres moyens importants, Mme Doumbia elle voudrait- si elle pouvait- « transférer » le site e-learning de la Clinique Bohler au Mali. Son explication pour ce choix est très claire : « Même si j’emmène tout le matériel de la Clinque Bohler chez moi, si les femmes ne sont pas informées, il n’aura pas d’intérêt au Mali. Pourtant avec le site e-learning, je pourrais informer toutes les dames du Mali sur place. »

Comment relever ce défi ?

La création d’une plateforme en ligne qui permettra du « e-learning » au Mali,  n’est pas encore possible au niveau technique. D’où l’intérêt du projet actuel entre la Clinique Bohler, la FFL et COFESFA de concevoir d’abord des fiches d’information et de créer de supports offline comme des CD-Rom ou des films.

Pour ce faire, les fiches déjà existantes de la Clinique Bohler ont servi comme base. Le défi consistait surtout à adapter ces fiches à la culture malienne. Evidemment ça n’a pas toujours été facile, soit pour des différences culturelles, par exemple en rapport avec les aliments qui sont recommandés aux femmes pendant la grossesse ou bien à cause du manque de moyens au Mali. Mais en somme « tous ce que nous avons voulu faire était réalisable », constate Mme Doumbia. En effet, la conception des supports a bien progressé, depuis son démarrage au début de l’année 2013. Comme l’annonce la sage-femme au cours de l’interview, l’élaboration de toutes les fiches prévues sur deux ans est déjà presque terminée.

Un feed-back bienveillant …

Au Mali, où Mme Doumbia a déjà présenté une partie des fiches auprès des sages-femmes et gynécologues, les agents de santé se sont montrés très contents et reconnaissants du travail qui a été fait. Une bonne confirmation pour le travail de la sage-femme au Luxembourg et très rassurant pour tous les partenaires, car cela signifie que l’on peut compter sur le soutient du personnel sanitaire africain. « Au moment où les gens ont apprécié les premières fiches, j’étais sûre que les fiches vont aussi être utilisées après. Puis les fiches sont destinées à sensibiliser la population, ce qui est dans l’intérêt du personnel sanitaire là-bas. Je suis sûre que les fiches seront utilisées. »

Le projet est prévu pour une durée de deux ans, mais Mme Doumbia aussi bien que la gestionnaire de projets de la FFL, Mme Violaine Alves, ont laissé entendre que l’idée du projet se poursuivra dans le futur.